Financement de l'innovation en période de crise : le darwinisme technologique

Publié le par David Trading Blog

Comment continuer à financer l'innovation en période de crise ? A cette question peu de gens ont une réponse, par contre, on sait déjà que l'une des mutations du virus subprime va toucher le financement par capital-risque, et donc frapper de plein fouet l'un de moteurs de l'économie développée : la haute technologie. ITR Manager rappelle quelques chiffres qui ne donnent pas confiance du tout :

"Déjà avant la faillite de Lehman Brothers et le rachat de Merrill Lynch & Co., ce sont quelque 130 jeunes pousses, dont 8 au Massachussetts, qui ont retiré leur IPO (offres publiques d'achat). Au total, tous les acteurs de la chaîne de l'innovation s'attendent donc à un recul économique qui ne favorise nullement l'éclosion de l'innovation. Sans parler des conséquences sur l'emploi. Dans une récente enquête conduite par KPMG auprès de sociétés de capital risque, 69% des répondants ont indiqué que le pays se dirigeait vers une récession.

Peut-être plus inquiétant est le fait que la prise de risque dans la chaîne de l'innovation va considérablement diminuer au cours des prochains mois. Les investisseurs spécialisés dans les technologies innovantes, qui, dans la pratique, consacrent entre 10% à 15% de leur portefeuille dans des projets jugés risqués, vont bien entendu jouer la prudence au cours des prochains mois et appuyer leurs décisions sur des dossiers solides liés à des risques plus faibles. Selon la même enquête de KPMG, 26% des sociétés de capital risque interrogées n'attendent pas de retour à la normale des marchés avant une bonne année. Cela signifie que les volumes de capitaux risqueurs, soit environ 30 milliards de dollars en 2007 aux Etats-Unis, est appelé à diminuer globalement, même si l'on pourra observer de la croissance dans des niches de marché (technologies vertes, certaines biotechnologies et Internet) ou des niches géographiques."

Et pourtant il y a des raisons de ne pas baisser les bras et d'encourager les investissements en cours, comme le rappelle un article de PCWorld qui résume pourquoi la crise, toujours cyclique, ne devrait, rationnellement parlant, détruire l'innovation en cours :

"Alors que la tendance mondiale est à la faillite, les Start-Up françaises restent debout. Celà tiendrait du fait que "les investisseurs travaillent avec des fonds propres et pas avec de la dette" souligne Christophe Chausson, président et fondateur de Chausson Finance, indicateur dans le domaine financier. De plus, les entreprises auraient levé des fonds de capital risques pour des périodes de sept à dix ans, ce qui paraît naturel car "lorsqu'on investit dans une Start-Up, c'est pour aider une entreprise qui va avoir une valeur de marché à l'horizon 2011-2012 [...] un cycle de crise dure généralement deux ou trois ans. Ce fut le cas pour les crises de 1992-93, puis de 2000-2001", explique Pascal Mercier, Directeur d'Aelios Finance."

Il s'agit alors presque d'une épuration du marché : les investisseurs iront placer leurs billes sur les start les plus matures, et les plus avancés. Elle profiteront donc du transfert de l'investissement, au détriment évidemment des petites structures en gestation. Tout n'est donc pas si noir, mais bon... c'est pas la fête non plus !

 

 

Publié dans Crise économique

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