La Bourse a t-elle montré les limites de Free ?

Publié le par David Trading Blog

Petit retour sur une nouvelle passée presque inaperçue la semaine dernière, celle du rebond de l’action d’Iliad, la maison-mère de du FAI à succès Free. Le groupe, dirigé par Xavier Niel (actionnaire majoritaire), a été porté par ce qui apparaissait de prime abord comme une mauvaise nouvelle : le rejet de l’entrée d’un 4ème entrant sur le marché de la 3G, un marché qui fait toujours 30% de marge par tous les vents.



L’année passée, Free s’était déjà cassé les dents sur la 4ème licence, seul candidat, le groupe n’avait pas pu assurer un paiement de 619 millions d’euros. Cette année, alors que l’attribution doit avoir à nouveau lieu (premier trimestre 2009), le groupe avait adopté à priori la même stratégie, puisque dans sa réponse à la consultation publique de l’ARCEP, Free redemandait un étalement du paiement. Un étalement peu probable au vu des besoins financiers de l’Etat, et également parce que d’autres sont prêts à payer comptant, comme Kertel, l’ex-filiale qui aiguillonne ses anciens Maîtres.

A la nouvelle de l’annonce, l’action d’Iliad a pris 4,75% dans un marché pourtant en repli de presque 7%, et alors que le groupe avait perdu plus de 18% depuis un mois. Les opérateurs ont donc salué un retrait de facto d’un candidat qui pourtant avait feu de tout bois, notamment d’une forte mobilisation communautaire pour blinder sa légitimité… à défaut d’argent et de soutiens politiques. La Bourse a estimé que les dépenses nécessaires au déploiement de la 3G, à savoir 800 millions sur 4 ans, 12% du CA pour une part de marché estimée à 12% en six ans, c’était au-delà des moyens du groupe. Iliad avait déjà investi massivement ces derniers temps (1 milliard planifié pour la fibre optique, 800 millions pour Alice, pour un CA au 31/08 de 700 millions d’euros), d’où son incapacité avouée à payer le montant de la licence, comme exigé précédemment.

Les Echos avaient à ce sujet recueilli des expertises intéressantes :

"Du côté boursier on se dit que cela fait moins de dépenses, moins d'investissements, donc moins de risques. Quand ils ont annoncé (leurs investissements dans) la fibre optique il y a plus d'un an, le titre avait chuté", a expliqué à l'AFP Bertrand Laport, analyste de Fortis, soulignant que le marché craint la mise "en péril du super business model qu'est la partie ADSL".

Le groupe, numéro 2 français sur l’ADSL, possède effectivement une poule aux œufs d’or, mais une poule qui semble avoir parachevé sa croissance. Sans la 3G, qui est le futur très gros marché de l’Internet, le groupe risque de s’isoler. Reste à Free quelques cartes à jouer : la fibre optique, le Wimax, mais il faudra également dans les 2 cas disposer d’une trésorerie bien alimentée.

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